Procès de la chaussette: 1 an avec sursis!


Ce mercredi 21 décembre, le tribunal rendait son jugement dans «l’affaire des chaussettes».
Mimi Tjoyas est relaxée de l’intégralité des faits: accusation d’imitation volontaire de signatures d’électeurs et complicité de soustraction de bulletins de vote. Aucun élément, ni matériel, ni moral n’est retenu contre elle.
Georges Garcia est lui, relaxé de l’accusation d’imitation volontaire de signatures d’électeurs mais condamné pour la soustraction de bulletins de vote.. Un verdict prévisible au vu de faits avérés et reconnus.
Petite surprise cependant, la sanction est plus lourde que celle demandée lors de l’audience du 1er décembre dernier. Il est condamné à 1 an de prison avec sursis (au lieu de 4 mois), 3000 € d’amende et 3 ans d’interdiction des droits civiques. Il est en outre condamné à verser 1 € à chacune des parties civiles et à 2000 € supplémentaires à Jacqueline Amiel-Donat pour frais. Le tribunal a conclu à une absence de preuves à propos des signatures. Il a précisé que la matérialité des faits concernant les bulletins de vote constitue une infraction grave puisqu’il s’agit d’une atteinte à la démocratie.
Pour l’avocate de la défense, c’est «un avertissement sévère pour un homme honnête qui saura en tirer les leçons…». Pour Me Nicolau, le tribunal est allé «au-delà de la demande parce que les faits reprochés sont extrêmement graves.»
L’affaire des chaussettes est bouclée sauf si l’une des parties fait appel. Une éventualité qui remettrait aussi en cause la relaxe de Mimi Tjoyas. La balle est notamment dans le camp de Jacqueline Amiel-Donat qui peut s’estimer mal indemnisée.
Suite ou fin, les jours qui viennent nous le dirons! En attendant, on pourra toujours disserter sur la valeur de la démocratie et… jeter les chaussettes à la poubelle, moyen le plus simple pour éviter les relents.

Dernière séance 2011!

CONSEIL MUNICIPAL de PERPIGNAN Un ordre du jour peu attirant, quelques petites tirades pas si anodines… et un avant-goût de trêve des confiseurs pour la séance du 15 décembre.
 
53 dossiers à l’ordre du jour et 232 décisions déjà prises par délégation: Jacqueline Amiel-Donat a noté une disproportion gênante pour la démocratie et évoqué un trop grand nombre de dossiers soustraits ainsi à la consultation de l’opposition. Jean-Marc Pujol a confirmé, au détour d’une réponse, ce manque d’ouverture démocratique puisque sur les dossiers soumis au vote, les avis tranchés en amont par la majorité, ne sont pas modifiables en séance. L’agacement de certains élus majoritaires quand le débat se prolonge un peu est révélateur de ce refus de dialogue.
La présence des «Robins des Toits» dans les rangs du public a permis quelques échanges, hors ordre du jour. «Pour des élus conscients et responsables de la santé de leurs administrés» pouvait-on lire sur une pancarte. Jean-Marc Pujol s’est dit prêt à rencontrer toutes les organisations. Il a précisé que toutes les implantations sont suspendues. Une réponse insatisfaisante pour des militants qui refusent les antennes «à proximité des établissements scolaires.» Nicole Gaspon a insisté sur «la nécessaire transparence pour que tous les citoyens soient le mieux informés possible.»
Hors ordre du jour encore, Jean Codognes, a interpellé Jean-Paul Alduy  au sujet «du pataques (cf article de l’Indépendant) concernant la construction d’une autre gare TGV. .. Si une autre gare doit être construite vers l’aéroport, il faut que cela ait du sens.» Martine Ruiz a noté le manque de cohésion de la majorité. «Vous n’avez pas su vous mettre d’accord au niveau de l’agglo. Pourtant André Bascou et François Calvet, tous deux UMP, en sont des vice-présidents. A quoi sert alors cette structure?» Jacqueline Amiel-Donat a insisté: «Vous avez tellement investi en discours, gesticulations, communiqués… que ce règlement de compte interne vous fait mal.» Nicole Gaspon a relevé l’illogisme de passer par Barcelone pour se rendre à Francfort ou Amsterdam, solution envisagée par J-M Pujol et J-P Alduy, puisque les TGV les plus rapides ne s’arrêteront pas à Perpignan. 
Parmi les dossiers à l’ordre du jour, le PAVE (Plan de mise en Accessibilité des Voiries et Espaces publics) a été l’occasion pour l’opposition de dénoncer une fois de plus, un dossier tardif, incomplet, copié-collé de dossiers déjà établis, sans indication de calendrier et de budget. Un dossier révélateur de l’incompatibilité qui existe parfois entre les conceptions de certains urbanistes et l’accessibilité ou la facilité de déplacement. 
Un débat autour de 3 motions en fin de séance a permis de briser un peu l’apathie générale. L’unanimité en soutien aux viticulteurs contre la libéralisation des droits de plantation sur tout le territoire européen a permis à Nicole Gaspon de «se féliciter qu’on prenne position contre l’ultra-libéralisme» Unanimité encore pour soutenir la formation BTS tourisme du Lycée Arago menacée de fermeture à la rentrée 2012. 
Pour clôturer la séance, la motion s’opposant à la fermeture de l’antenne CAF du centre ville présentée par Nicole Gaspon n’a pas été unanime. Plusieurs élus majoritaires (P. Parrat, A. Brunet, M-T Sanchez-Schmid, J. Rigual et le nouveau président de la CAF, S. Cabot qui est intervenu pour justifier la fermeture) se sont abstenus.

Ce dernier conseil de l’année 2011 ne restera pas gravé dans les mémoires. Il a juste confirmé la parodie de démocratie qui se joue dans cette enceinte et la fragile cohésion de façade de la majorité municipale. Les clivages qui existent en son sein (cf sénatoriales) pourraient s’accentuer en 2012, lors de la désignation des candidats pour les législatives.

Immigation: les fantasmes!

L'immigration est un des sujets sur lesquels contrevérités, idées reçues ou fantasmes fleurissent le plus.
L'organisation internationale des migrations (OIM) dénonce dans son rapport annuel, un débat "excessivement tendancieux, polarisé et négatif" sur les migrants dans plusieurs pays européens, en période de crise. et sur fond de chômage croissant. "La migration est souvent évoquée pour masquer les peurs et les incertitudes de la population face aux problèmes du chômage, du logement et de la cohésion sociale dans les pays d'accueil" affirme son directeur général William Lacy Swing.
Dans la longue liste des idées reçues sur le sujet arrive en tête la surestimation de leur nombre. Une étude réalisée sur 8 pays d'accueil montre que les personnes interrogées exagèrent le pourcentage de migrants. En Italie, par exemple, les personnes interrogées supposent qu'ils représentent 25% de la population alors qu'en réalité, ils ne sont que 7%.
Il y a souvent confusion entre les "catégories" d'étrangers: demandeurs d'asile, migrants irréguliers, réfugiés, travailleurs, touristes, étudiants... En Grande-Bretagne, par exemple, ce ne sont pas les demandeurs d'asile mais les étudiants qui sont les plus nombreux.
Le rapport souligne également la stabilité du nombre de migrants internationaux ces dernières années: 214 millions en 2010 contre 191 millions en 2005, soit toujours environ 3% de la population mondiale.
Une autre idée souvent développée, notamment par les partis nationalistes européens sur le fait que les immigrés empièteraient sur le marché du travail des nationaux est fausse. Au contraire, la main-d’œuvre étrangère reste plus exposée au risque de chômage. En Espagne, par exemple, 30,2% d'immigrants étaient sans emploi en 2010, contre 18,1% d'Espagnols de naissance.
Enfin, l'OIM critique fortement les médias et les politiques qui participent à cette mauvaise information. Parler de "vagues" de migrants, par exemple, laisse entendre que l'on peut être submergé... Les médias ont souvent relayé l'idée que les révolutions arabes allaient entraîner une forte augmentation de la migration en Europe. En réalité, souligne l'OIM, un pourcentage infime de personnes déplacées par les conflits ont décidé de traverser la Méditerranée par bateau.
N'hésitons pas à faire connaître cette étude pour saper des fantasmes que l'on ne retrouve malheureusement pas que dans les rangs extrêmes de la droite.

On nous prend pour des triple C..!

L'agence de notation Standard & Poor's menace de dégrader la note AAA de plusieurs pays européens dont la France et l'Allemagne. Elle a même mis sous "surveillance négative" le Fonds de stabilité financière de la zone euro (FESF).
Les agences de notation et les dirigeants franco-allemands se livrent à un étrange "mano a mano". Les Etats s'appuient sur les alertes des agences pour justifier leurs plans d'austérité successifs. Puis ces mêmes agences utilisent les résultats désastreux auxquels conduisent de telles politiques pour justifier de nouvelles menaces. D'après Nicolas Sarkozy, "la situation est grave, le pays a besoin d'union" autour de sa candidature, évidemment. La ficelle est un peu grosse.
Au-delà des manœuvres politiciennes, il y a une vrai perte de maîtrise. La multiplicité des réunions et la fébrilité des dirigeants européens en témoigne. Régulièrement on nous promet qu'une parade à la crise a été trouvée et celle-ci ne cesse de s'aggraver plan après plan. Ce qui est en cause, c'est l'austérité et la volonté de satisfaire les exigences de rentabilité financière des marchés et des groupes financiers.
Le PIB de la Grèce a baissé de 10%. L'économie espagnole est en recul. La croissance est en recul même aux Pays-Bas. En Italie, Mario Monti impose une nouvelle cure d'austérité et l'on sait que cela va déprimer le PIB. En France, les prévisions sur l'activité sont enfoncées par la politique que le gouvernement met en œuvre. "Quand on diminue les dépenses publiques et les revenus des populations, l'économie ne peut pas repartir." explique Dany Lang, membre du réseau des Economistes atterrés.
L'organisme international qui regroupe les principaux pays capitalistes note, pour la zone euro, que "la reprise est enrayée" et que "l'assainissement budgétaire" (comprendre les politiques de baisse de la dépense publique) et "l'ajustement des bilans du secteur privé", autrement dit les cessions, fermetures d'entreprises et suppressions d'emploi, "ont continué à freiner la croissance de la demande." Cet organisme en tire les conséquences: "le chômage va recommencer à augmenter" et la zone euro va entrer en récession.
L'étrange pas de deux des agences de notation et des dirigeants européens cherche à justifier des politiques qui cassent politique et emploi pour redresser la rentabilité des marchés et des groupes financiers.
Il est temps d'interrompre cette spirale. Cela passe par d'autres recettes que celles proposées par Standard & Poor's et ses consœurs.

Pepignan: relents de chaussettes!

PROCES POUR FRAUDE: Déjà 3 ans et 8 mois que la fraude électorale dite «affaire des chaussettes» a placé Perpignan au cœur de l’actualité nationale! Une telle attente laissait espérer que l’audience du jeudi 1er décembre, nous permette de connaître la vérité, toute la vérité…
«Après le temps de l’effervescence, le temps médiatique, le temps de la justice administrative (annulation des élections), le temps politique (nouveau vote), voici venu le temps judiciaire (enquête, instruction, audience, jugement…)» annonçait le président du tribunal. De quoi tenir en haleine le public présent! On allait sûrement enfin savoir.
Georges Garcia, président du bureau de vote n° 4, reconnaît avoir intentionnellement mis bulletins et enveloppes dans ses poches et ses chaussettes pour…corriger la différence entre le nombre d’enveloppes et d’émargements et «sauver la face». C’est une fraude électorale.
Mimi Tjoyas, vice-présidente du même bureau, n’est pas concernée. Elle doit répondre, tout comme Georges Garcia, de complicité de fraude car l’enquête a confirmé l’ajout de fausses signatures sur les listes d’émargement en lieu et place d’électeurs abstentionnistes. Par qui? A quel moment? L’audience ne permettra pas de le déterminer, les expertises en écriture, pourtant réalisées par la police scientifique, étant semble-t-il sujettes à caution. La relaxe sera demandée, sur ce point, pour les 2 accusés.
Question ambiance, l’un des avocats a évoqué un jeu de rôle sur un registre entre De Funès et Fernandel pour Georges Garcia et de tragédie grecque pour Mimi Tjoyas qui se demande pourquoi elle est là. La gravité du sujet nous empêche d’en rire d’autant plus qu’à l’issue  du procès de trop nombreuses questions restent posées.
Comment sont choisis les présidents de bureaux de vote à Perpignan? Vérifie-t-on leur déontologie, leur rigueur et leur impartialité pour assurer une tâche essentielle pour la démocratie? Quel contexte politique permet à certains de croire qu’ils peuvent détourner des votes? Les pratiques suspectes relèvent-elles de rumeurs ou bien sont-elles suscitées, par qui et à quel niveau? Comment expliquer la présence sur les listes d’électeurs décédés ou d’un étranger en situation irrégulière à la place de qui on a signé? «A Perpignan, pas besoin de vous déplacer, on vote pour vous!» ironisera un avocat.
Enfin comment ne pas faire le lien entre la justification des bulletins mis en poche «au cas où il y en aurait qui n’en aurait pas, je leur en aurais donné» et la pratique qui consiste à donner le «bon» bulletin à certains avant l’entrée dans l’isoloir.
Au sortir des 8 heures de débats, le sentiment de frustration est grand.
Toute la vérité a-t-elle été dite? Les 2 prévenus présents sur le banc des accusés sont-ils des lampistes? D’autres personnes devaient-elles occuper cette place à leur côté? Quelle signification donner à l’abandon «comme une vieille chaussette» de Mimi Tjoyas, n° 2 sur la liste de J-Paul Alduy, par ses colistiers? Comment interpréter l’absence de ce dernier qui s’était porté partie civile? Pourquoi la plaidoirie de son avocat ressemblait-elle à celle d’un défenseur des accusés? Pourquoi le procureur a-t-il demandé une sanction symbolique pour un acte grave passible de prison?… 4 mois avec sursis et 3 ans de privation des droits civiques pour Georges Garcia.
Plusieurs avocats de la partie civile ont rappelé que des gens meurent encore pour obtenir le droit de vote et souligné la fragilité de la démocratie. Les conclusions seront-elles à la hauteur de la gravité d’une fraude qui porte atteinte à celle-ci: j’ai les plus grands doutes.
La décision a été mise en délibéré au 21 décembre.

Taxe Tobin: des avancées!

Dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2012, le Sénat (avec sa nouvelle majorité de gauche)  a adopté le principe d'une taxe sur les transactions financières. Des sénateurs de droite et le gouvernement ont tenté de s'y opposer, mais avec la crise financière, la taxe dite Tobin est désormais dans l'air du temps. Et la mise à contribution des profits financiers spéculatifs est une idée qui progresse. L'Allemagne devrait même l'adopter en 2012.
Avec un  taux maximal de 0,05%, elle peut rapporter 10 milliards d'euros à compter de juillet 2012. La somme est en théorie destinée à l'aide internationale.C'est une avancée au dire même de l'association ATTAC dont elle est la revendication principale, depuis une décennie. Et contrairement à ce que peuvent dire ses opposants, elle est tout à fait réalisable, y compris à l'échelle nationale, sans provoquer de fuite massive de capitaux.
Le secrétaire d'état au commerce a bien tenté d'argumenter que la France "ne peut légiférer seule" car cela "nuirait à la place financière de Paris". Il n'en a pas pour autant convaincu, puisque les sénateurs UMP et centristes se sont divisés sur le sujet. Cette taxe n'a jamais connu autant de supporters dans les instances internationales, à l'exception de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis qui lui restent hostiles. Elle a même fait l'objet d'une mention dans le communiqué du G20 réuni à Cannes. 
Comme quoi, la possibilité de changer le système existe, il suffit d'en avoir la volonté politique.




Désengagement de l'Etat

"L'annonce par le gouvernement d'une ponction supplémentaire sur les budgets locaux a assombri un peu plus l'avenir des communes." C'est le jugement de l'Association des petites villes de France (APVF) sur le nouveau dispositif de "péréquation horizontale" du gouvernement. 
Jusqu'à présent, une aide spécifique, la dotation de solidarité urbaine (DSU) était apportée par l'Etat aux villes confrontées à des ressources insuffisantes alors qu'elles ont des charges lourdes. C'était la "péréquation verticale" de l'Etat vers les communes. Avec la "péréquation horizontale", seuls les fonds des collectivités territoriales sont mis à contribution.
Dans un contexte de suppression de la taxe professionnelle, de gel des dotations, d'étranglement de leur budget, l'ensemble des associations d'élus locaux dénoncent ce nouveau prélèvement qui permet à l'Etat de se placer en spectateur avec une recette éculée: déshabiller Paul pour habiller Jacques.
Ce mécanisme "injuste et inefficace" ne corrigera pas les inégalités.
"Une perversion même de l'idée de péréquation" d'après, cette fois, l'Association des grandes villes de France. Plus de la moitié des communes les plus en difficultés, bénéficiaires auparavant de la DSU en seront exclues voire, seront elles-mêmes obligées d'y contribuer.
Ce dispositif marque une nouvelle étape du désengagement de l'Etat, en matière de responsabilités financières, pour assurer l'équité sur tout le territoire. Il vise petit à petit à imposer, dans la gestion des communes, ses propres critères d'austérité budgétaire. Nous sommes très loin d'une péréquation solidaire.


Récupération politique

Après l'émotion et la compassion légitimes, l'instrumentalisation politique à des fins sécuritaires prend le dessus dans l'affaire d'Agnès. Laurent Mucchielli (sociologue, spécialiste de la délinquance) évoque une récupération évidente et des annonces pas pertinentes dans ce point de vue* (intégralité sur humanite.fr) .
 
"On est dans une récupération politique classique. Chaque année des faits divers s'imposent dans l'actualité, avec un niveau d'audience médiatique très important. C'est là que le politique s'enclenche. On l'a vu déjà en janvier dernier avec l'affaire Laëtitia. Et comme souvent en pareil cas, les annonces politiques qui suivent ces faits sont totalement déconnectées de la réalité. Elles prennent trois formes principales: 
- les déclarations de principe, comme celle de François Fillon lundi, qui a dit vouloir faire de la lutte contre le récidive "une priorité", comme si ce n'était pas déjà le cas
- deuxième réthorique, le discours sur les "dysfonctionnements" de la justice et, en l'espèce aussi de l'éducation nationale, tenu cette fois par Claude Guéant
- enfin troisième type d'intervention, le discours décalé, la proposition avancée parce qu'il faut dire quelque chose, mais qui ne s'avère pas du tout pertinente. 
Sur ce terrain se sont retrouvés le ministre de la Justice mais aussi le Parti socialiste, qui plaident pour une utilisation accrue des centres éducatifs fermés. Or ces centres ne répondent en rien à la problématique éventuellement soulevée par l'affaire Agnès. Ce sont des lieux qui visent à raccrocher des jeunes délinquants à la socialisation scolaire. Il s'agit d'une affaire criminelle rarissime, à forte dimension psychiatrique. Des cas de ce type (le viol et le meurtre d'un mineur par un autre mineur), il y en a entre 0 et 1 par an.
Le gouvernement promet par ailleurs de mieux "évaluer les criminels violents". Or le problème n'est pas un manque d'outils techniques mais de moyens humains. Lorsqu'un psychiatre, dans un service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip) doit suivre 100, 120 voire 150 dossiers, le niveau de suivi est forcément très léger. Enfin, on semble oublier une chose: le risque zéro n'existe pas. Inutile de mentir aux gens là-dessus."
* publié dans l'Humanité du 23/11/2011

Instrumentalisation de l'histoire

Nicolas Sarkozy instrumentalise l'histoire pour accompagner son remodelage de la société. Falsifications et retournements sont une constante chez lui, pour régler des comptes comme avec le programme du Conseil National de la Résistance qu'il combat avec méthode.
Pourquoi, arguant du fait que le dernier poilu est mort, déposer un projet de loi pour changer la nature du 11 novembre? 
Est-ce une journée destinée à honorer ses acteurs encore vivants? Non, elle est dédiée à un fait qui reste d'actualité pour permettre aux générations futures de comprendre les raisons d'une guerre. Comment et pourquoi dans les tranchées, des milliers d'hommes ont vécu des souffrances inouïes? Comment et pourquoi le jour même de l'armistice, 10000 soldats ont été victimes d'officiers bellicistes.
Les commémorations (quelle que soit notre opinion sur leur forme) sont utiles à cela, à appréhender cette période.
Il en est de même pour toutes les guerres. Edulcorer, supprimer les dates commémoratives, ou pire, ne jamais leur en attribuer une, équivaut à les effacer, les faire disparaître de la mémoire.
Certaines sont gênantes. Jusqu'en 1999, celle d'Algérie a eu pour appellation officielle: "les événements" ou "les opérations". On voudrait en gommer d'autres toutes aussi coloniales et abjectes comme celle du Vietnam.
Et puis, il y a les "petites" dernières telle celle d'Afghanistan ou celles dont on tait le nom (Cameroun, Côte d'Ivoire, Tchad).
Les fondre dans une journée non plus mémorielle, mais de l'oubli, du silence est bien pratique. Elles ne sont d'ailleurs pas toutes reconnues comme telles ou n'ont pas d'anniversaire officiel.Comme le dit Elie Wesel: "Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli."

Coup d'Etat financier

En cette période de mensonges, de pressions (mentales et financières), de manipulations laissant croire qu'il n'y a pas d'autres choix que l'austérité, ce point de vue* de Francis Wurtz (député honoraire du Parlement européen) nous alerte sur les dangers pour la démocratie.

"Dans deux pays de la zone euro, dont l'un est fondateur de la Communauté européenne, les marchés ont réussi à propulser leurs hommes. Les deux sont des anciens de Goldman Sachs, l'une des plus puissantes banques d'affaires américaines au coeur des manipulations financières colossales à l'origine de la crise du système.
C'est un véritable coup d'Etat financier. Les marchés ont utilisé leur arme, à savoir la hausse vertigineuse des taux d'intérêt, pour menacer d'étranglement un pays qui ne répondrait pas à leurs injonctions. C'est extrêmement grave du point de vue démocratique. Aujourd'hui Mario Monti et Lucas Papademos sont pressentis pour répondre aux exigences des marchés et ont exigé, pour y parvenir, d'avoir le soutien des principaux partis politiques. Les pires partis de droite vont utiliser le mécontentement qui naîtra de ces politiques pour dénoncer ces orientations, l'illégitimité de de ces gouvernements non élus et les atteintes à la souveraineté. On imagine à partir de là ce que représenterait le fameux saut fédéral. Si l'on veut préparer une sortie par le haut de cette crise, il faut absolument se détacher de cette dépendance absolue aux marchés. 
Ce qui ramène à nos propositions (celles du Front de Gauche) sur un tout autre rôle pour la Banque centrale européenne qui doit utiliser son pouvoir illimité de création monétaire pour financer les investissements publics de création sociale à l'opposé des mesures d'hyper-austérité qui sont aujourd'hui la condition de l'aide financière. Il faut enfin récuser cette violation énorme de la souveraineté populaire et travailler à l'implication des citoyens à la conquête de pouvoirs d'intervention."
* publié dans l'Humanité du 14/11/2011

Vivement "L'Humain d'abord!"

PERPIGNAN Chaque séance du conseil municipal confirme nos critiques sur la réforme des collectivités territoriales. Le développement tentaculaire et forcé de l’agglomération éloigne les citoyens et leurs élus des lieux de décision.
L’heure (tiers de séance) consacrée, ce 3 novembre, à une «simple» information, pour laquelle l’avis des élus n’est pas requis, en est la preuve. Le CD-rom du bilan d’activité de l’Agglomération a permis à l’opposition de lancer un débat sur le fond et la forme. Clothilde Ripoull évoquant une «plaquette publicitaire» a dénoncé le «nombre pléthorique d’élus et l’augmentation des effectifs du personnel au regard de l’endettement de PMCA». Nicole Gaspon a critiqué un «triomphalisme qui n’est pas de mise» pour «l’une des villes les plus pauvres de France.» Elle a contesté une «prolongation de la concession avec Véolia (non discutée à Perpignan mais à l’agglo) en «inadéquation avec le pouvoir d’achat des Perpignanais». Jean Codognes a insisté: «le département n’attire pas les RMIstes, il en produit». Perpignan «ville la plus endettée de France» est une de celles «où les inégalités sont les plus fortes.
Jean-Paul Alduy a ressorti sa vision idyllique des choses: «On cherche à attirer des entreprises à haute valeur ajoutée: le Théâtre de l’Archipel en fait partie…» et a invité tous les élus à une réunion d’information à l’agglo. J-Marc Pujol s’est engagé à fournir «les vrais documents» demandés par Jacqueline Amiel-Donat. Des réponses qui apparaissent comme une reconnaissance du bien-fondé des interventions de l’opposition.
Cet esprit d’écoute et les réponses fournies à ses remarques, ont conduit l’opposition a modifier ses intentions de voter «contre» sur d’autres dossiers à l’ordre du jour: l’instauration de la taxe d’aménagement (abstention), l’affectation du Théâtre Municipal (pour) ou la vente d’un bien municipal (abstention). Dans ce contexte, la remarque intempestive de Jean Rigual (conseiller général muet habituellement à Perpignan) lors de la mise en place d’une mission d’information et d’évaluation obtenue par l’opposition: «Ici, ce n’est pas un lieu de débat !», est tombée à plat.
Martine Ruiz a dénoncé la diminution des recettes d’investissement dans la décision modificative budgétaire n°2, et s’est exclamée: «pour diminuer la dette, vous augmentez les amendes de police !» Jacqueline Amiel-Donat a insisté sur le déséquilibre trop important entre investissement et fonctionnement.
Nicole Gaspon a pointé l’absence de consultation des organisations syndicales concernées sur le dossier d’avis sur le plan stratégique régional de santé. Jean Codognes a souligné: « nous avons un territoire où les problématiques de santé sont les plus importantes». L’opposition a maintenu son avis défavorable sur le sujet, et, surprise, J-Paul Alduy s’est abstenu et a proposé que l’ensemble des remarques formulées soient annexées à l’avis majoritairement favorable. Comment doit-on interpréter ce choix de l’ex-sénateur?
Une motion unanime pour condamner l’incendie criminel au siège du journal Charlie Hebdo, au nom de la liberté de la presse et d’expression, a clôturé la séance.
Malgré une écoute réciproque et des constats alarmants, les délibérations ne traduisent pas une réelle volonté de changement politique qui réponde aux besoins d’une population perpignanaise dont une part grandissante subit la crise de plein fouet. Comme au niveau national, la droite refuse de remettre en cause le système en place et ne change pas de cap. C’est toujours les plus pauvres qui trinquent. Vivement que l’on mette «l’Humain d’abord !»

La Palestine à l'UNESCO!

 Le 31 octobre après bien des manoeuvres d’intimidation, la très grand majorité des 173 membres présents, 107 exactement (dont la France, les pays africains, arabes et asiatiques) ... 14 contre (dont les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne et l’Australie) et 52 abstentions (dont le Royaume Uni) ont fait de la Palestine le 195 ème membre à part entière de l’UNESCO.
En Novembre 1945 l’ONU se dote de cette instance qui a pour objectif selon son acte constitutif de «contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples».
La réaction des Etats-Unis ne s’est pas fait attendre en supprimant le jour même sa subvention représentant 22% du budget de l’organisation. Le 28 octobre, La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, admettait que l’organisation devrait probablement réduire la voilure. "Il faudra couper des programmes, réajuster l’équilibre de notre budget. Mais ce n’est pas seulement un problème financier, c’est un problème qui concerne l’universalité de notre organisation", affirmait-elle. "Nous allons devoir travailler à des solutions pratiques pour préserver les ressources financières de l’Unesco", s’est aussi inquiété le chef de l’ONU Ban Ki-moon. Israël de son côté examine des mesures de rétorsions contre l’autorité palestinienne, suppression des visas pour les élus, suppressions de reversions de taxes de douanes, extension des colonies, la panoplie malheureusement habituelle...
Ce vote est un encouragement à poursuivre pour aller vers une décision favorable de l’ONU le 11 novembre même si nous savons que les Etats -unis feront tout pour s’y opposer.
Pour briser le mur du silence, avec le vote de l’UNESCO nous avons un nouveau moyen pour conjuguer espoir et efficacité.

Le retour!

L'été, le besoin de souffler, un voyage, diverses sollicitations ou activités m'ont conduit à délaisser le blog. Finalement, la fainéantise aidant...4 mois se sont écoulés sans qu'il soit alimenté!
4 mois sans donner un avis, relayer de l’info ou s'insurger… comme si dans l’actualité, il n’y avait plus rien à critiquer, dénoncer, combattre… Inutile de rêver ce n’est pas le cas et les raisons de poursuivre le blog ne manquent malheureusement pas!
J’aurai, bien sûr, pu faire un effort pour mettre, de temps à autre, quelque écrit en ligne. Mais alimenter régulièrement un blog est contraignant et on n’a pas toujours envie de se forcer. Et, je revendique ce droit de ne pas me sentir obligé de…
Fidèle à mes engagements, je reprends le flambeau pour continuer à apporter ma modeste contribution.

Un conseil riche en contenu

Au conseil municipal de Perpignan, le compte administratif, dossier phare de la dernière séance (30 juin 2011) avant les congés d’été n’a pas empêché l’actualité locale de s’inviter dans les débats.

Antennes et demande de local syndical en ouverture!
Deux groupes de manifestants porteurs de revendications remplissaient les rangs du public.
Le syndicat CNT qui occupe une ancienne école depuis le 11 juin pour exiger l’attribution officielle d’un local syndical. En réponse aux conseillers d’opposition relayant cette demande, Jean-Marc Pujol a renvoyé vers le Conseil Général puisqu’il s’agit d’un syndicat départemental.
La question des antennes relais portée par un collectif de riverains a donné lieu à un échange plus long. Jacqueline Amiel-Donat s’est insurgée de «la signature par délégation (et donc sans débat) pour l’implantation de nouvelles antennes.»  Jean Codognes s’est appuyé sur un texte européen du 27 mai 2011 pour demander «la prise en considération d’études d’organismes indépendants.» « Le principe de précaution devrait vous guider et vous devriez refuser les antennes qui dépassent les normes.» insistera-t-il. Jean-Marc Pujol s’est dit prêt à en débattre et à en réduire l’impact si la loi l’autorise à le faire.
Compte administratif  2010: du rêve à la réalité!
L’ancien maire J-Paul Alduy avait pour la première fois la possibilité de présenter le compte administratif. Il n’a pas boudé ce plaisir et, alternant provocation et mégalomanie, il a conclu sur la nécessité de «se préparer au bouleversement géo-politique qu’apportera le TGV.» Martine Ruiz l’a ramené à la réalité en illustrant son intervention avec 3 pourcentages: Impôts ménages : + 8 %, Investissements : - 30%, Réduction endettement :- 0,96%. Jacqueline Amiel-Donat a insisté sur la faiblesse du réalisé : 42% du budget prévisionnel. Pointant «un budget peu dynamique  avec environ 26 % d’investissement pour 74% de fonctionnement », elle s’est dite inquiète d’une «ville qui perd pied dans un fonctionnement non maîtrisé.»
Plusieurs intervenants ont souligné l’absence de chiffres (qui concernent la commune) sur le plan de financement du Théâtre de l’Archipel et sur la dette de l’agglo qui masquent la situation réelle.
Intercommunalité, archives et couleur du grenat…
L’adhésion imposée à Cabestany n’a pas bouclé le schéma départemental de coopération intercommunale. Le préfet a établi fin avril un nouveau projet de périmètre conforme aux projets expansionnistes de l’agglo pieuvre chère à Jean-Paul Alduy. St Cyprien, Salses et Pia  sont dans le viseur…en attendant la réalisation du rêve de pôle transfrontalier de Narbonne à Gérone. Nicole Gaspon a renouvelé son opposition à un projet conduit sans concertation avec les populations qui réduit toute possibilité de participation démocratique. Jacqueline Amiel-Donat a insisté en précisant que coopération suppose partage, échange, concertation…Elle a demandé que l’on revienne à 15 vice-présidents (comme le prévoient les textes) au lieu des 42 actuels : 560 000 € d’économies par an pourraient ainsi être réalisés.
L’opposition a saisi l’occasion des dossiers sur le patrimoine pour interroger sur les archives. Un débat que l’on retrouvera à la rentrée puisque le maire a répondu attendre les réponses de la direction régionale des archives avant toute décision.
Un nouvel avenant au contrat du Théâtre de l’Archipel sera l’occasion d’apprendre que des difficultés techniques liées au exigences de finition concernant la couleur grenat retarderont l’inauguration de 3 mois. « Quand on se paie les services d’une diva de l’architecture, il faut en accepter les caprices.» lancera Martine Ruiz…
L’actualité immédiate présente dans les débats de cette séance, confirme le sentiment d’une meilleure écoute de la part du maire. Pas suffisamment cependant pour inverser ou modifier des  décisions puisque aucun des points à l’ordre du jour n’a été retiré ou reporté pour permettre la  prolongation des débats. L’instauration d’un véritable fonctionnement démocratique laissant place aux échanges et permettant d’intégrer des propositions de l’opposition n’est pas encore à l’ordre du jour du conseil municipal de Perpignan. 
PS: Article à paraître dans le Travailleur Catalan du 8 juillet 2011

2012, PLACE au PEUPLE

Le peuple va se débarrasser de Sarkozy et de sa bande du Fouquet’s. Leur politique, pour satisfaire les marchés, a tout dévasté et créé trop de souffrances. Les valeurs de la République, Liberté, Egalité, Fraternité, ont été bafouées par un État mis au service de quelques-uns. Ils ont ouvert la voie à l’extrême droite en recyclant leurs idées antisociales et racistes. Comme les autres dirigeants d’Europe et les banquiers, ils ont exploité leur crise et la font payer aux peuples. Les grands enjeux sociaux et environnementaux sont soumis à leur soif de profits.
Maintenant place au peuple.
Nous avons besoin de profonds changements: repenser les modes de production et la répartition des richesses, ouvrir une nouvelle ère où ce soit «l’Humain d’abord» qui domine, construire les moyens d’une vie digne pour chacun, une vie soucieuse de l’avenir de nos enfants et de la planète.
Nous voulons les 35h comme durée hebdomadaire de travail, le SMIC à 1600 €, la retraite à 60 ans à taux plein. Pour cela, il faut rompre avec les logiques libérales que prônent le MEDEF, la Commission européenne ou le FMI. Il faut une autre politique du crédit et une répartition des richesses juste, des services publics élargis et démocratisés, la création de nombreux emplois, des droits nouveaux pour les salariés. Il faut une gauche qui ne renonce pas à ses promesses une fois l’élection passée et une nouvelle majorité de gauche à l’Assemblée qui initie ces changements avec le peuple.
C’est l’ambition du Front de Gauche dont la démarche s’inscrit au coeur de la gauche pour la faire bouger. Unis de nouveau, Parti communiste, Parti de gauche et Gauche unitaire ne se limitent pas à une stratégie électorale. Avec les syndicalistes, les militants associatifs, les intellectuels et tous les salarié(e)s et les citoyen(ne)s, le Front de Gauche agit et propose pour qu’enfin le peuple soit entendu. Il est ouvert à tous ceux qui veulent y contribuer dans des Comités qui seront créés dans chaque circonscription législative.

GUEANT recalé à l'INSEE

L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) a publié le 27 juin les véritables chiffres de la proportion d’enfants d’immigrés parmi les élèves en échec scolaire. Des données très éloignées de celles avancées par le ministre de l’intérieur le 22 mai dans des déclarations qui avaient soulevé l’indignation.
Après le ministre de l’Education nationale qui ne connaît pas la règle de trois, voici le ministre de l’intérieur qui ne sait pas compter… Pressé par les syndicats, l’Insee a publié un communiqué désavouant les propos tenus par Claude Guéant le 22 mai dernier: «Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés».  Le 27 juin, l’Insee qui était resté silencieux depuis a donné ses chiffres issus de l’étude de 2005 pourtant citée en référence par le ministre: «la proportion d’enfants d’immigrés parmi les élèves sortis sans qualification de l’enseignement secondaire peut être estimée à environ 16 % pour les enfants de familles immigrées », soit près de 4 fois moins...
Dans un communiqué publié le 24 mai le SNUipp (syndicat majoritaire chez lez enseignants des écoles) dénonçait une «mise à l’index des familles immigrées et de leurs enfants», estimant qu’une telle politique «est indigne d’un ministre de la République». Cette déclaration était apparue d’autant plus scandaleuse qu’elle ignorait notamment, une étude publiée par la revue Education et formations indiquant qu’ «à situation sociale et familiale comparable, les enfants d’immigrés ont des chances au moins égales à celles des autres élèves de préparer un baccalauréat général».
De leur coté, les syndicats des agents de l’INSEE avaient exigé le 21 juin dernier que leur maison rappelle la réalité des chiffres de l’étude de 2005. Ils estimaient que les chiffres avancés par le ministre de l’intérieur discréditaient leur travail et mettait en cause l’indépendance de l’Insee. « L’Insee n’a pas vocation à corriger toutes les mauvaises interprétations des données qu’il publie, qu’elles soient de bonne ou de mauvaise foi. Mais lorsqu’une affaire publique prend une telle importance, lorsque l’institut est directement remis en question, les agents et leurs organisations syndicales attendent une communication », avait expliqué l’intersyndicale. La mise au point a été cinglante.

La guerre des pauvres

A travers des phrases-chocs ou des proposi­tions-tests avancées par des ministres ou des parlementaires UMP en mission, les thèmes et les cibles de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy se précisent. Tout ce qui sera susceptible d’agglomérer les voix les plus à droite à celles de femmes et d’hommes en perte d’espoir collectif sera bon à prendre. Pour tenter de se succéder à lui-même en 2012, le président sortant (soutenu seulement par un français sur trois), cherche son salut dans la division. Si les salariés, qui ont du mal à joindre les deux bouts, pouvaient se retourner contre leurs voisins plus pauvres qu’eux, au lieu de demander des comptes aux actionnaires et aux grands patrons, Sarkozy aurait partie gagnée. 
Le RSA (revenu de solidarité active) est devenu le symbole de «la France des assistés». Une enquête du Figaro Magazine véhicule les pires anecdotes de comptoir pour marteler que les allocataires des 470 euros mensuels du RSA seraient des profiteurs scotchés sur leur canapé et passant leurs vacances à Bali aux frais de «ceux qui tirent leurs revenus du travail». Le mépris de classe n’est pas chose nouvelle. Mais aujourd’hui, cette campagne, dont le Figaro Magazine donne le ton idéologique, vise à désolidariser le salarié mal payé du chômeur contraint de survivre avec des allocations. Tant que le débat reste à ce niveau, le gouvernement est tranquille et les patrons sont exonérés de toute responsabilité dans la politique de bas salaires. Les 8 millions de travailleurs pauvres, les 13 % de Français qui galèrent en dessous du seuil de pauvreté sont le résultat de la politique de soumission aux marchés financiers et au Medef. C’est ce que la démagogie de la droite sarkozyenne tente de cacher derrière un écran de fumée. En déclarant que «l’assistanat est le cancer de la société française», Laurent Wauquiez n’a pas commis un écart de langage, mais lancé un ballon d’essai à destination de l’opinion de droite et d’extrême droite. La proposition de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP de contraindre les chômeurs de longue durée à des heures de travail gratuit, vise à entretenir le climat de suspicion et les réflexes simplistes et à encourager le popu­lisme.
Pendant ce temps, plus discrètement, les députés débattent du projet du gouvernement d’allégement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Mais solidarité bien ordonnée commence par sa caste. Derrière le jeu de rôle au sein de la majorité parlementaire sur la prise en compte, ou non, des œuvres d’art dans le patrimoine imposable, une chose est sûre: les nantis seront largement récompensés de la suppression du bouclier fiscal. Et dans ce domaine, l’assistance que leur prodigue la société ne se mesure pas en centaines d’euros, mais en dizaines voire en centaines de milliers de cadeaux fiscaux.

Indignés de tous les pays...

Les indignés, au Front de gauche, nous en sommes!
Nous partageons leur colère, leur volonté de se réap­proprier leur vie, de s’évader des semelles de plomb fixées par les marchés pour rêver à des futurs plus libres.
Indignés… Le mot naît d’un livre, court la vieille Europe d’un pays à l’autre, recueil­lant les échos des secousses de Tunisie ou d’Égypte. Ces mouvements s’insurgent aussi contre la destruction de l’idéal démocratique dont se targuait le Vieux Continent et dont les gouvernants font litière dès que les bulletins de vote contre­disent l’austérité, qu’ils érigent en loi absolue. Au point que ce bon M. Trichet rêve de devenir un tout puissant ministre des Finances de l’UE, qui, redevable devant personne, édicterait les purges des­tinées aux peuples.
Les scrutins espagnols qui balaient des socialistes compromis pour remettre en selle une droite encore plus brutale souli­gnent 
une impasse politique 
à laquelle ces jeunes, assemblés sur les 
places sym­boliques, cherchent une issue. 

Il appartient à la gauche d’inventer autre chose que les mouvements de balancier et la démission devant l’argent roi. 

Le Front de gauche ouvre une porte en France. Il reste à ses partisans à s'y engouffrer.

Racisme: UMP et FN au diapason

Sans trêve, un ressac ramène les mêmes eaux boueuses aux lèvres des ténors de la droite.
Eric Zemmour est hissé sur le pavois de l'UMP pour avoir assimilé immigrés et délinquants. Brice Hortefeux est condamné pour une blague raciste. Claude Gueant tripatouille les chiffres de l'échec scolaire pour stigmatiser les enfants de l'immigration. ..
Toutes les cloches du sarkozysme rendent le même son, au diapason de l'extrême droite.
Le président se prend pour le chef d'orchestre quand c'est Marine Le Pen qui donne la mesure. 
C'est la même stratégie qui consiste à dépeindre les "bénéficiaires" du RSA comme des profiteurs ou des fraudeurs, les malades comme des escrocs à la Sécurité sociale, les fonctionnaires comme des privilégiés, les immigrés tunisiens comme des envahisseurs...
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Diviser pour toujours régner en brandissant, selon la formule de Jaurès, le farouche anathème de l'ignorance et de la peur, c'est l'obsession d'une droite qui espère dissoudre ainsi l'immense aspiration à changer de politique et d'hommes à la tête du pays.

Perpignan: Republic'Marché

Qu’une ville soit régulièrement en chantier est en principe signe de vitalité et synonyme d’améliorations pour ses habitants!  Malgré des désagréments causés par les travaux, les citoyens devraient s’en réjouir. A Perpignan, ce n’est pas souvent le cas ! Et cela n’a rien à voir avec le «mauvais» caractère des habitants de la ville. C’est plutôt la gestion municipale qui est en cause! La mairie de Perpignan semble être devenue la spécialiste des chantiers terminés et réouverts quelques temps après.
Après le boulevard Clémenceau, le pont «du non-sens», le quartier de la Gare, et en attendant peut-être la place Cassanyes…, voici venu le tour de la place de la République.
Paul Alduy avait fait détruire les anciennes halles pour les remplacer par un ensemble bétonné (pas du meilleur goût!) incluant un marché surmonté d’un parking. Son fils Jean-Paul a fait raser l’ouvrage pour laisser une place sans âme avec un parking souterrain. Une minéralisation très critiquée qui a surtout réduit le marché à 3 étals perdus dans l’espace et en pleine chaleur. L’animation propre à un marché a disparu et les terrasses de café grignotent de plus en plus l’espace...
Jean-Marc Pujol reprend maintenant le chantier. Il «lance un nouveau concept : Républic’Marché» que le site web de la ville décrit ainsi : «… ce marché de proximité complètera l’offre existante. Coloré et diversifié, il créera un effet de halle, renforcera la convivialité et soutiendra l’activité commerciale de l’ensemble de la place et du coeur de Ville.» Plutôt attirant, non!
Poussé par la curiosité, j’ai voulu savoir en quoi cela consistait! Déjà sceptique sur l’utilité de «relooker» le nom pour y parvenir, j’ai été surpris de découvrir sur place une «vulgaire» structure de toile n’ayant rien à voir avec la description flatteuse du site. Cela renforce mon scepticisme sur la relance du marché, même si l’on nous assure que c’est du provisoire avant installation d’une structure plus jolie: un retour aux halles en quelque sorte…  Pour réussir, il faudrait surtout attirer des commerçants et une clientèle en conservant sur place des lieux d’activité existant comme la boutique SNCF du secteur. Il faudrait aussi revoir les méthodes de décision de la mairie pour éviter les remises en  cause régulières de chantiers. Cela passe notamment par une véritable politique de concertation qui prenne en compte les différents avis avant le lancement des travaux. Cela permettrait des économies substantielles dont les sommes pourraient être utilisées à renforcer les services publics...

Le 18 juin, indignés et offensifs

Communiqué du PCF 66

Le 18 juin prochain les jeunes communistes du département lancent un appel à se rassembler de 10 h à 15 h, place Catalogne à Perpignan (pique-nique tiré du sac). 
Cet appel se veut être un acte de résistance et de propositions, aux politiques d’austérité, de chômage et à la vie chère qui touchent les jeunes en particulier mais aussi une grande majorité de françaises et de français. Le Parti Communiste Français du 66 soutient l’initiative et invite ses adhérents et amis ainsi que la population à y participer massivement. 
A l’image des «indignados» espagnols et catalans, du peuple grec... qui sont entrés en résistance, les jeunes communistes du 66 proposent à chacune et chacun d’entre nous de prendre nos affaires en mains de manière citoyenne. Partout sous l’impulsion du FMI, de l’Union Européenne, des gouvernements et des banques centrales des mesures sont prises pour faire payer aux peuples une crise dont ils ne sont pas responsables et durant laquelle les banques, les multinationales, les spéculateurs de tout ordre se sont gavés et continuent à se gaver y compris avec de l’argent public. 
Il appartient à chaque citoyenne et chaque citoyen de tout faire pour imposer d’autres mesures pour faire payer ceux qui doivent payer.
Nicolas Garcia Secrétaire départemental du PCF 66

DSK et alternative politique

Nul ne sait ce que nous réservera l’enquête qui ne fait que commencer, mais l’affaire DSK ne doit pas envahir (pervertir) le débat politique.
Que la personnalité incriminée soit un responsable public de premier plan ne transforme pas une affaire de droit commun, aussi grave soit-elle, en affaire politique. Visiblement, les Français partagent cette conviction et ne prêtent pas l’oreille à la tentation de moins en moins dissimulée de la droite sarkozyste de profiter du scandale pour faire oublier le bilan de leur champion.
Malgré une couverture médiatique du cas DSK qui a refoulé dans l’ombre tout autre sujet d’actualité, l’opinion publique ne varie pas. Les sondages ne marquent pas de fléchissement dans la possibilité de battre Nicolas Sarkozy en 2012. La cote du chef de l’État reste largement impopulaire. Le propos prêté à l’hôte de l’Élysée  -"la gauche a perdu la bataille de la morale"-, repris par des relais médiatiques, est, évidemment, irrecevable, car les turpitudes supposées d’un homme sur le plan privé ne sauraient jeter l’opprobre sur le courant d’idées auquel il se raccroche, ni effacer, comme un coup de chiffon sur une ardoise, un comportement et une pratique politiques qui font apparaître un chef d’État comme le président des riches.
La gauche n’est pas plus désarmée que la droite ne serait renforcée, parce que l’un des prétendants potentiels à la candidature socialiste se retrouve écarté. Toutefois, une leçon s’impose à cette partie-là de la gauche. À privilégier le casting au détriment du projet, le PS court le risque de déconvenues et d’accidents de parcours. Saura-t-il tirer un enseignement de l’épreuve et inversera-t-il les priorités? Ce n’est malheureusement pas certain, si la pré-campagne se réduit à une compétition entre la première secrétaire et l’ex-premier secrétaire, qui occuperait subitement l’espace laissé par DSK et si l’objectif premier consiste à disputer à Jean-Louis Borloo l’électorat du centre. Le satisfecit adressé par Martine Aubry à la candidature de Christine Lagarde, figure emblématique du libéralisme et de la droite sarkosyste à la direction du FMI, ne peut malheureusement que nourrir les interrogations sur la volonté du PS de se recentrer à gauche.
Le camp du changement n'est pas désarmé, en raison de l'engagement du Front de gauche à se battre pour une alternative qui réponde aux attentes de ceux qui ont tant souffert depuis 2007. Ils sont des millions, ils sont la majorité.

L'humain d'abord

C’est l’intitulé du programme populaire partagé, la synthèse de ce qui fait accord entre les 3 partis du Front de gauche (PCF, Parti de gauche et Gauche unitaire). Un programme en rupture avec la politique libérale de Nicolas Sarkozy mais qui, à la différence des autres forces à gauche (PS ou Europe-Ecologie-les Verts), se donne des objectifs et les moyens politiques d’une véritable alternative de changement.
Rétablissement des 35 heures, retraite à 60 ans, SMIC brut à 1600 €, instauration d’un échelle des salaires de 1 à 20… Les questions sociales sont au cœur de ce projet qui a pour objectif de reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers. La création d’un pôle public financier pour favoriser investissement et emploi et une réforme de la fiscalité qui augmente la participation du capital et des revenus financiers sont des outils pour y parvenir,
S’affranchir du traité de Lisbonne pour changer le cœur de la construction européenne est un des objectifs fixés pour en finir avec la concurrence libre et non-faussée.
Autre aspect important et innovant, le programme propose un plan de transition écologique pour réintroduire la maîtrise publique de l’énergie et promouvoir des investissements publics conditionnés aux critères écologiques, sociaux et démocratiques…
Ce programme est un véritable souffle de fraîcheur sur les possibilités de mener une véritable politique au service de l’humain. Il ouvre un horizon gouvernemental aux luttes sociales et écologiques qui se heurtent aujourd’hui aux logiques libérales. 
Pour le découvrir dans son intégralité, cliquer sur le lien: http://78.pcf.fr/10417

Publicité trompeuse!

Le ministère de l'Education nationale a lancé le 1er juin, une campagne publicitaire annonçant 17 000 recrutements d'enseignants, de personnels administratif et médical. 
Cette campagne de communication qui coûtera 1,3 million d'€ s'adresse aux étudiants de M1 (Bac + 4) qui veulent intégrer l'éducation nationale et qui peuvent s'inscrire aux concours jusqu'au 12 juillet. Parmi les 17 000 recrutements, 3000 sont des emplois d'enseignants primaires et 8600 d'enseignants de collège et lycées. "Le ministère de l'Education nationale est le premier employeur et le premier recruteur de France" s'est vanté le directeur de cabinet de Luc Chatel. Il omet de préciser que cette opération a pour but de masquer qu'il est aussi l'un des plus important casseur d'emplois du pays avec près de 34 000 suppressions. Le SNUipp/FSU (majoritaire dans le primaire) dénonce un "solde qui restera largement négatif puisque plus de 16 000 enseignants manqueront à l'appel à la rentrée, dont 9000 environ, dans le primaire".
Pour mesurer plus précisément les conséquences de cette politique, il faut mettre en regard de ces 3000 recrutements, les chiffres de 2009 et de 2010 (7000 recrutements par an). Lorsqu'on sait que le nombre d'élèves continue à augmenter, on peut sans crainte de se tromper, affirmer que les conditions de travail des élèves et des enseignants vont s'aggraver dès la rentrée. C'est l'un des moyens utilisés par le ministère pour poursuivre la casse de l'un des derniers services publics.
Une situation qui amène les syndicats concernés à envisager déjà des mouvements de grève pour la rentrée...

Etudiants méprisés!

Placé en fin de 6ème année, l’examen de classement national de médecine (ex-concours de l’internat) revêt une grande importance pour les 8000 candidats qui y jouent leur avenir (choix de spécialité, région d’exercice…).
En raison… d’erreurs dans l’énoncé, le jury a décidé d’annuler une des épreuves du concours et de faire passer l’épreuve de réserve l’après-midi. Mais un retard lié à…un manque de copies d’examen a entraîné «une agitation qui a favorisé la connaissance prématurée du sujet par certains étudiants et des fuites se seraient produites entraînant la suspension de l’épreuve».
En annonçant l’organisation d’une nouvelle épreuve d’ici le 24 juin, le jury et le centre national de gestion ont présenté leurs excuses aux étudiants.
Mais ont-ils mesuré les conséquences psychologiques d’une telle légèreté de traitement pour des étudiants qui préparent ce concours depuis 3 ou 4 ans, au prix de nombreux sacrifices?
Quelles seront les conséquences sur les stages professionnels prévus de longue date dont certains devaient se dérouler à l’étranger? 
D’autre part, un nouveau déplacement dans la ville d’examen engendrera des coûts financiers supplémentaires face auxquels tous les étudiants ne sont pas en situation d’égalité.

On ne peut que partager la colère de ces jeunes qui dénoncent «l’amateurisme dans la construction des sujets » et «une gestion des examens inacceptable pour une épreuve d’aussi grande envergure ! » L’ANEMF (Association Nationale des Etudiants en Médecine de France) dénonce les coûts supplémentaires engendrés pour les étudiants. Elle exige un défraiement de ceux-ci et une enquête administrative pour élucider les causes de ces problèmes.

Après le constat alarmant sur les conditions de santé des étudiants (voir article: Se soigner : un luxe ?), le manque de rigueur dans la gestion des examens (ce cas ne serait pas isolé) est révélateur du peu de considération pour la jeunesse étudiante de notre pays.

Moralité...

L’ancien ministre DSK poursuivi pour agression sexuelle, le ministre Georges Tron accusé de harcèlement sexuel, Luc Ferry, ancien ministre, évoquant à la télé une affaire de pédophilie qui mettrait en cause un autre ancien ministre… Devra-t-on interdire les émissions politiques aux moins de dix-huit ans, s’interroge l’auteur d’un article satirique? Les réactions révélatrices du comportement sexiste et du manque de respect pour les «petites gens» de certains hommes de pouvoir pourraient aussi nous y inciter. Est-il admissible que l’on puisse, dans nos sociétés «évoluées», envisager de «trousser une domestique» sans son consentement? Sûrement pas!
Le mépris avec lequel on traite la «France d’en bas» n’est pas plus acceptable. Celui d’un analyste financier commentant une baisse de la consommation des ménages (2,8% en deux mois), en est un exemple. «La consommation a mangé son pain blanc et devrait désormais passer au pain sec et il devrait en être de même de la croissance globale du produit intérieur brut» avance-t-il.
Dans quel monde vivent ces messieurs de la finance? Cela fait longtemps que de nombreux étudiants, travailleurs, chômeurs, retraités…sont déjà au pain sec! Si la consommation chute, la croissance s’en ressentira, cela fait accord! Mais alors pourquoi gouvernement et patronat s’entendent-ils pour geler le point d’indice dans la fonction publique et bloquer les salaires pour soit-disant juguler l’inflation? Ces choix politiques ne font qu’accroître le chômage et appauvrir des couches de plus en plus importantes de la population. Et si notre ministre des Finances, Christine Lagarde (au cœur de l’affaire de l’«arbitrage Tapie»), est nommée au FMI, les choses ne vont pas s’arranger que ce soit en France, en Grèce, au Portugal ou en Irlande.  
Un vent nouveau s’est levé dans les pays arabes, son souffle a atteint l’Espagne, on le perçoit en France… Le programme populaire et partagé du Front de Gauche est en phase avec ce mouvement des peuples. Et si nous imposions l’application de la déclaration universelle des droits de l’homme: «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits…»

FN et UMP réinventent l'apartheid

La chasse aux boucs émissaires est le sport favori de Marine Le Pen. Voilà maintenant qu'elle écrit aux député-e-s pour leur demander d'abroger la possibilité d'avoir une double nationalité, française et étrangère, qui serait à ses yeux une "atteinte à la cohésion républicaine". En renvoyant Marine Le Pen à la Convention sur l'immigration de l'UMP, Jean-François Copé ne fait qu'acquiescer aux revendications racistes et confirme son souhait de créer des catégories de "plus ou moins" Français.
En réalité, l'UMP et le FN s'entendent parfaitement pour stigmatiser et diviser les citoyens entre eux. Ironiquement, c'est l'UMP en changeant les critères d'attribution de la nationalité française pour les soumettre au droit du sang qui a créé des cas de binationalité pour des enfants nés sur le sol français mais de parents étrangers. Pour la droite et l'extrême droite, il y aurait des "Français plus Français que d'autres"!
C'est précisément tout le contraire des fondements de notre République et une manière assez grossière, pour Copé et Le Pen, de réinventer, en France, le système d'apartheid. 
Le PCF défend le plein exercice du droit du sol et le principe de la double nationalité dans le respect des accords binationaux.

Se soigner: un luxe?

Les résultats d’une enquête IFOP sur l’accès aux soins des étudiants, viennent d’être publiés. Le constat est alarmant: l’accès aux soins régresse et leur niveau de protection sociale est insuffisant. 34%  ne consultent pas un médecin, faute de moyens, et parmi ceux qui consultent, 20% renoncent aux traitements prescrits. La baisse de la prise en charge de l’assurance maladie ou les dépassements d’honoraires accentuent cette dégradation. Et quand on sait que 32% seulement ont bénéficié de la visite médicale obligatoire, on ne peut qu’être inquiet des conditions de santé faites à cette génération sacrifiée.
Pourtant depuis des années, associations, mutuelles et syndicats multiplient les propositions susceptibles d’améliorer la situation: suppression du forfait hospitalier, meilleure prise en charge des soins dentaires et optiques, hausse des remboursements des médicaments les plus utiles, développement des services de médecine préventive, «chèque santé» de 200 €…
Les étudiants ne sont malheureusement pas les seuls concernés. Un part grandissante de la population française, en situation de précarité mais aussi parmi les bas salaires, se trouve confrontée au même dilemme: manger ou se soigner. Se soigner deviendrait-il un luxe?
L’accès aux soins doit être un droit garanti à tous!
Pouvoir se soigner sans condition de ressources doit être posé en préambule pour inverser la tendance. Le Front de Gauche met en débat des propositions pour y parvenir. Parmi celles-ci, figurent le rétablissement intégral à 100% des dépenses de santé couvertes par la Sécurité Sociale (lunettes et soins dentaires inclus), la reconstruction et le développement d’un service public de santé basé sur la proximité et la qualité des soins et pour lutter contre la pénurie de personnels, un programme de formation à toutes les disciplines de santé. Et pour libérer la recherche pharmaceutique de la soumission aux marchés et aux laboratoires, il faut mettre en place un pôle public du médicament et relancer la recherche publique.

Députés UMP en colère

80 députés de l’UMP s’offusquent qu’on les prenne «pour des cons» et mettent la pression sur le gouvernement de leur propre camp. Fichtre le sujet doit être grave! Qu’est-ce qui peut causer une tel mécontentement? L’étranglement des services publics? L’austérité constitutionnalisée? La remise en cause du parlement? Le problème de l’emploi des jeunes?… Pas du tout! Il s’agit de l’annonce… du démontage des panneaux avertisseurs de radar.

Bien évidemment, comme tout conducteur, je risque, avec une telle mesure, de me faire pincer plus facilement par inadvertance, par un radar! Ça ne fait jamais plaisir et la suppression des panneaux me fait donc un peu râler. D’autant plus que l’emplacement de certains radars et certaines réductions de vitesse ne semblent pas pertinents par rapport à la dangerosité du lieu. En tout cas, il existe des limitations de vitesse et dans la mesure où c’est la loi (c’est le rôle des députés de les faire ou de les défaire), nous sommes tous tenus de la respecter. Et avouons que l’enlèvement des panneaux supprimera une certaine hypocrisie: celle qui consiste à rouler au-dessus de la vitesse autorisée et à freiner durant quelques mètres au vu du panneau, avant de relancer la vitesse, une fois le radar passé. Moi, qui ai participé à des dizaines de manifestations ou de mouvements sociaux, je n’irai pas m’insurger pour cela. Il y a des raisons bien plus graves qui justifient de réagir pour notre avenir!

En cherchant à comprendre pourquoi ces députés habituellement si passifs donnent maintenant de la voix, je n’ai trouvé qu’une seule explication plausible: l’approche des prochaines élections législatives et la nécessité de se rappeler à leurs électeurs. Il est vrai qu’au cours de leur mandat, leur mutisme a été assourdissant! Ils n’ont pas émis la moindre critique pour dénoncer la destruction progressive des services publics, les suppressions massives d’emploi dans l’éducation nationale notamment, le déremboursement des soins, le rallongement de l’âge de la retraite… ou pour proposer la taxation des produits financiers et des grandes fortunes, l’augmentation des salaires… ou que l’on arrête les interventions guerrières à travers le monde… N’y avait-il pas là matière à s’insurger réellement contre le gouvernement?
Discrédités, ils voudraient, par leur attitude populiste, se refaire une virginité!

Pour construire une véritable alternative politique, le  peuple n'a pas besoin de tels députés soumis et inutiles, mais de députés qui jouent leur rôle à l'écoute de leurs mandants. La démarche Front de Gauche s'inscrit dans ce cadre. Plus nous la renforcerons, plus nous nous garantirons une représentation à la hauteur de nos attentes.

Electeurs trompés!

En marge du conseil municipal, le jeu de chaise musicale continue!
Après Romain Grau, élu avec les voix de la liste Codognes qui a rejoint la droite, après Clothilde Ripoull (Modem), également élue sur la liste Codognes qui s'est alliée avec Jordi Vera (CDC) élu avec les voix de la liste Amiel-Donat, c'est Olivier Amiel et son nouveau camarade du MRC: Robert Folcher qui prennent leurs distances (jusqu'où?) avec la liste Amiel-Donat.
Ces divers "changement s de veste" dénotent un grand mépris des électeurs qui leur ont apporté leurs voix.
La démarche du Front de Gauche construite sur un contenu et non sur des personnes est à l'opposé de ces comportements. Il faudra s'y appuyer pour bâtir les futures alliances et éviter ainsi de telles attitudes qui discréditent la politique...
Verra-t-on bientôt Jean-Paul Alduy qui a quitté l'UMP comme son ami Borloo, créer son groupe?
Après les chaussettes, Perpignan se distinguera-t-elle par le record de vestes réversibles?

Prémices de débat démocratique?

Devenir une coquille vide pour cause de transfert progressif des compétences à l’Agglo ou de diminution des dossiers mis en débat (28) couplée à une inflation des décisions prises par délégation (181) c’est la menace qui pèse sur le conseil municipal de Perpignan. C’est en fait la démocratie qui est en jeu! Peut-on se résigner à cet éloignement du citoyen des lieux de décision que la réforme des collectivités territoriales va accentuer?

Le début de la séance du 19 mai est une forme de réponse. La concertation sur le quartier de la Gare a été réouverte grâce à la pugnacité des habitants du secteur et des décisions ont été rectifiées. Bien sûr des efforts restent à faire sur le stationnement et les sens de circulation, mais une concertation a eu lieu avec les citoyens et un débat au sein du conseil. Tous les élus s’en sont félicités, même si sur la défense du commerce de proximité, l’analyse n’a pas été consensuelle. Certains oubliant comme l’a rappelé, l’élue PCF que «le problème du commerce, c’est le pouvoir d’achat !» Dans la foulée de ce débat les 15 premiers dossiers ont été votés à l’unanimité.

La suite moins consensuelle a vu l’opposition démontrer que, malgré l’apport de subventions pour le théâtre de l’Archipel, le loyer initialement calculé sans subvention augmente au lieu de diminuer. Le maire a précisé que l’avenant définitif (en septembre) devrait en tenir compte.
La fixation de la taxe locale sur la publicité extérieure a provoqué quelques échanges que le maire a écourté en précisant qu’elle ne concerne essentiellement que les hypermarchés.
L’abandon de créance (185 700 €) au profit de la SEAML Perpignan Câble, a permis à Jacqueline Amiel-Donat de dénoncer le maintien fictif d’emplois pendant un an par crainte de mouvements après l’épisode de la chaussette, preuve selon elle, de l’utilisation de l’argent public à des fins électorales.
La séance s’est achevée par le vote à l’unanimité d’une motion contre la fermeture de la boutique SNCF (Place de la République). Dénonçant la politique de la Direction Régionale de la SNCF, "Les élus désapprouvent cette fermeture qui s’inscrit dans une logique purement comptable et qui aura pour conséquence une dégradation toujours plus importante des services publics de proximité  proposés aux Perpignanais. Ils exigent le maintien de la boutique sur le site actuel de la rue Caulas, Place de la République." 

Une meilleure écoute, quelques échanges constructifs, une motion unanime pour conclure… Aurions-nous vécu des prémices de démocratie au conseil municipal? Ou était-ce le chant du cygne, avant la mise en place de la réforme des collectivités territoriales? Si la démocratie s’invitait enfin réellement dans l’enceinte municipale, il faudrait aussi associer les citoyens aux réflexions avant toute décision comme le montre l’exemple de la Gare. La majorité de droite y est-elle prête?